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L’Ironie de l’Histoire. Pour une grammaire du phénomène totalitaire

Fabrice Bouthillon 1
1 CRBC Brest - Centre de recherche bretonne et celtique
UBO - Université de Brest, IBSHS - Institut Brestois des Sciences de l'Homme et de la Société, CRBC - Centre de recherche bretonne et celtique
Résumé : Ce livre s’ouvre par l’établissement d’une grammaire de toute révolution. Dans quelque corps politique que celle-ci se produise, elle se signale par la déchirure, sous le souffle d’un sublime de la liberté, du contrat social sur lequel reposait jusqu’alors l’unité de la société. Le hic est que l’unité dissoute est impossible à repasser sur le mode contractualiste envisagé par les révolutionnaires, parce qu’une Droite refuse de se rallier au nouveau contrat que la Gauche lui propose, tandis que le sublime lui-même est fugace par nature. Le Soviet participatif, dont l’équivalent français le plus exact est l’A.G., souffre par ailleurs lui-même de la vacance de la légitimité provoquée par la révolution dont il est né. De là, son remplacement rapide par une pyramide représentative, comparable en fait au régime que les révolutionnaires avaient précisément voulu abattre (chapitre I, « Sublime du Soviet »). Lénine après Octobre se trouve donc confronté au même problème que tous les hommes politiques après une révolution, qui est de refonder une légitimité, ce qui ne peut advenir que dans la réconciliation des valeurs locales de la Droite et des valeurs universelles de la Gauche ; il tâche d’y œuvrer à la fin de sa vie, tant sur un plan politique que sur un plan personnel (chapitre II, « Pourquoi Lénine n’est pas mort à Gauche »). Son échec ouvrit la voie à la manière totalitaire de réconcilier les unes et les autres, qui, pour la Russie, est passée par la prétention stalinienne de réaliser le socialisme, valeur universelle, mais dans un seul pays, valeur locale. Staline a été parfaitement conscient de la dimension centriste de cette politique, à laquelle son pays n’a commencé à échapper qu’à partir de l’invasion nazie de 1941, qui a provoqué en Russie un phénomène exactement comparable à celui de l’Union sacrée en France en 1914 : la Droite et la Gauche s’y réconciliant face aux Allemands, le totalitarisme y disparaît du même coup (Chapitre III, « Staline comme centriste »). Reste à savoir ce que peut être la politique après le totalitarisme ; l’expérience khrouchtchévienne en est une excellente illustration, étudiée, à travers une lecture précise du rapport secret de 1956, dans le chapitre IV, « Un rebelle jüngerien, Khrouchtchev ».]
Document type :
Books
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https://hal.univ-brest.fr/hal-02617052
Contributor : Véronique Le Gall <>
Submitted on : Monday, May 25, 2020 - 9:46:13 AM
Last modification on : Wednesday, May 27, 2020 - 3:38:45 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02617052, version 1

Citation

Fabrice Bouthillon. L’Ironie de l’Histoire. Pour une grammaire du phénomène totalitaire. Dialogues, Tome II, pp.180, 2018, Brève Histoire philosophique de l’Union soviétique. ⟨hal-02617052⟩

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