Influence de la stéréoscopie sur la perception du son - Cas des mixages sonores pour le cinéma en relief

Etienne Hendrickx 1
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Lab-STICC - Laboratoire des sciences et techniques de l'information, de la communication et de la connaissance
Résumé : Peu d’études ont été menées sur l’influence de la stéréoscopie sur la perception d’un mixage audio au cinéma. Les témoignages de mixeurs ou les articles scientifiques montrent pourtant une grande diversité d’opinions à ce sujet. Certains estiment que cette influence est négligeable, d’autres affirment qu’il faut totalement revoir notre conception de la bande-son, aussi bien au niveau du mixage que de la diffusion. Une première série d’expériences s’est intéressée à la perception des sons d’ambiance. 8 séquences, dans leurs versions stéréoscopiques (3D-s) et non-stéréoscopiques (2D), ont été diffusées dans un cinéma à des sujets avec plusieurs mixages différents. Pour chaque présentation, les sujets devaient évaluer à quel point le mixage proposé leur paraissait trop frontal ou au contraire trop « surround », le but étant de mettre en évidence une éventuelle influence de la stéréoscopie sur la perception de la balance frontal/surround d’un mixage audio. Les résultats obtenus ont rejoint ceux d’une expérience préliminaire menée dans un auditorium de mixage, où les sujets se trouvaient en situation de mixeur et devaient eux-mêmes régler la balance frontal/surround : l’influence de la stéréoscopie était faible et n’apparaissait que pour quelques séquences. Une troisième expérience fut conduite pour vérifier si les séquences pour lesquelles la perception de la balance frontal/surround était significativement impactée par la stéréoscopie étaient celles dont les différences entre versions 2D et 3D-s étaient les plus importantes en termes de profondeur visuelle perçue. Cependant, aucune corrélation n’a pu être trouvée. Des études ont ensuite été menées sur la perception des objets sonores tels que dialogues et effets. Une quatrième expérience s’est intéressée à l’effet ventriloque en élévation : lorsque l’on présente à un sujet des stimuli audio et visuel temporellement coïncidents mais spatialement disparates, les sujets perçoivent parfois le stimulus sonore au même endroit que le stimulus visuel. On appelle ce phénomène l’effet ventriloque car il rappelle l’illusion créée par le ventriloque lorsque sa voix semble plutôt provenir de sa marionnette que de sa propre bouche. Ce phénomène a été très largement étudié dans le plan horizontal, et dans une moindre mesure en distance. Par contre, très peu d’études se sont intéressées à l’élévation. Dans cette expérience, nous avons présenté à des sujets des séquences audiovisuelles montrant un homme en train de parler. Sa voix pouvait être reproduite sur différents haut-parleurs, qui créaient des disparités plus ou moins grandes en azimut et en élévation entre le son et l’image. Pour chaque présentation, les sujets devaient indiquer si la voix semblait ou non provenir de la même direction que la bouche de l’acteur. Les résultats ont montré que l’effet ventriloque était très efficace en élévation, ce qui suggère qu’il n’est peut-être pas nécessaire de rechercher la cohérence audiovisuelle en élévation au cinéma. Une cinquième et dernière expérience a permis d’étudier l’influence de la stéréoscopie sur les attentes des spectateurs en termes de cohérence audiovisuelle spatiale. Au cinéma, les objets sonores sont en général diffusés sur l’enceinte centrale, indépendamment de la position à l’écran des sources visuelles associées. Cependant, certains ingénieurs du son et chercheurs ont suggéré que la cohérence audiovisuelle spatiale pouvait améliorer significativement l’expérience des spectateurs, surtout dans le cas de films en relief. Dans cette expérience, les sujets devaient évaluer à quel point la bande-son leur paraissait « adaptée » à l’image pour 8 séquences projetées en 2D et en 3D-s. Selon la bande-son, les sources sonores pouvaient être plus ou moins cohérentes en azimut et en profondeur avec la position de leur source visuelle respective sur l’écran (la cohérence en élévation avait été mise de côté au vu des résultats de l’expérience 4). Les résultats ont montré que la cohérence en azimut pouvait améliorer significativement l’adéquation du son à l’image. En profondeur, une amélioration a pu être constatée, mais seulement pour une séquence. Par contre, la stéréoscopie n’a eu aucune influence sur les jugements des sujets, en accord avec les résultats des premières expériences sur la perception des sons d’ambiance.
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Thèse
Acoustique [physics.class-ph]. Université de Bretagne Occidentale, 2015. Français
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Etienne Hendrickx. Influence de la stéréoscopie sur la perception du son - Cas des mixages sonores pour le cinéma en relief. Acoustique [physics.class-ph]. Université de Bretagne Occidentale, 2015. Français. 〈tel-01345893〉

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