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Bonaparte comme Précurseur. Rapport sur la banalité du mâle

Fabrice Bouthillon 1
1 CRBC Brest - Centre de recherche bretonne et celtique
UBO - Université de Brest, IBSHS - Institut Brestois des Sciences de l'Homme et de la Société, CRBC - Centre de recherche bretonne et celtique
Résumé : La réflexion sur le bonapartisme reste en France oblitérée par le livre de René Rémond, Les Droites en France, qui le classe parmi elles avec l’orléanisme et l’ultracisme. Or si l’on définit la Droite par le refus de la Révolution, et par la défense des valeurs locales que celle-ci a effondrées au nom de l’Universel, force est de reconnaître que le bonapartisme n’est pas une Droite, mais, parce qu’il combine la dictature monarchoïde à l’appel plébiscitaire au peuple, une forme particulière de centrisme, par addition des extrêmes. Et comme c’est aussi de ce type de centrisme qu’ont relevé les totalitarismes du XXe siècle, alors il devient compréhensible que le bonapartisme puisse apparaître comme leur prototype : comme eux, il a visé à réconcilier sur ce mode la Gauche et la Droite, qu’avait séparées la Révolution. On peut dès lors faire le recensement précis des références que le nazisme, et Hitler particulièrement, a multipliées au premier Bonaparte (chapitre I, « Un mauvais livre »). Le placard que Bonaparte a fait apposer sur les murs de Paris au soir du 19 brumaire permet de saisir in nucleo ce lien entre bonapartisme et totalitarisme (chapitre II, « L’affiche ») ; mais la compréhension de l’un comme de l’autre exige qu’on soit aussi sensible à la manière dont Napoléon, en additionnant dictature et plébiscite, a retrouvé la recette première du césarisme antique : le bonapartisme sert ainsi de relais entre les expériences impériales de l’Antiquité et les totalitaires (chapitre III, « L’Empire »). Sa politique ecclésiastique, marquée à la fois par la signature d’un concordat puis par un conflit interminable avec le Saint-Siège, présente d’autre part une parenté frappante avec celles de Mussolini et de Hitler (chapitre IV, « 666 »). Le second bonapartisme, quant à lui, présente d’autres traits totalitaires, que l’historiographie oublie trop rapidement : les arrière-plans de L’Extinction du Paupérisme ne sont pas tous rassurants, et on ne saurait oublier que Les Protocoles des Sages de Sion, texte totalitaire s’il en fut, furent excogités à parti d’un pamphlet dirigé contre la politique de Napoléon III (chapitre V, « Le neveu »). Du reste, s’il y a dans Marx, malgré les marxistes, qui ont tout fait pour les y étouffer, les éléments d’une réflexion sur le totalitarisme, c’est précisément parce que Marx a été confronté au bonapartisme du Second Empire (chapitre VI, « La tradition révolutionnaire et ses trésors perdus »). Preuve soit de tout cela la colère de Napoléon Ier lors du discours de réception de Chateaubriand à l’Académie française, telle que la relate Las Cases dans le Mémorial de Sainte-Hélène : si on consent à lire de près ce qu’il en écrit, on peut y voir apparaître des traits aussi bien nazis que staliniens (chapitre VII, « L’Empire de la colère »).
Document type :
Books
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https://hal.univ-brest.fr/hal-02617075
Contributor : Véronique Le Gall <>
Submitted on : Monday, May 25, 2020 - 9:58:25 AM
Last modification on : Wednesday, May 27, 2020 - 3:38:45 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02617075, version 1

Citation

Fabrice Bouthillon. Bonaparte comme Précurseur. Rapport sur la banalité du mâle. Dialogues, pp.293, 2020. ⟨hal-02617075⟩

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