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Les épurés du mouvement breton en Irlande : l'interceltisme à l'épreuve de la réalité (1946-années 1950)

Sébastien Carney 1
1 CRBC Brest - Centre de recherche bretonne et celtique
IBSHS - Institut Brestois des Sciences de l'Homme et de la Société, UBO - Université de Brest, CRBC - Centre de recherche bretonne et celtique
Résumé : Si l'épuration en Bretagne est aujourd'hui bien connue, la sortie de guerre du mouvement breton reste un angle mort de la recherche. Peu nombreux sont ceux qui se sont intéressés à la façon dont les nationalistes bretons ont abordé les années consécutives à la Libération, que certains d'entre eux vécurent comme « La deuxième persécution des Girondins ». Outre les travaux de Luc Capdevila, on retiendra les quelques pages que consacre Roger Faligot à l'exil des Bretons en Irlande, le mémoire de Vincent Kerbiquet sur Le rôle de l'Irlande dans le mouvement nationaliste breton, celui de Gabrielle Boudy sur l’exil des autonomistes en Irlande, ou plus récemment l'étude incontournable de Daniel Leach sur l'exil des minorités nationalistes européennes en Irlande. Ces études ont mis à jour quelques faits essentiels : entre 1946 et 1950, ce sont 23 militants bretons et parfois leurs familles qui ont trouvé refuge en Irlande. 19 d’entre eux, inquiétés pour intelligence avec l'ennemi ou atteinte à la sûreté de l’État, fuyaient une probable arrestation, un procès, une condamnation à mort ou aux travaux forcés. Les autres ont choisi de partir, parfois parce qu’ils étaient frappés d’interdiction de séjour en Bretagne, ou d’indignité nationale. Les épurés bretons ne sont pas les seuls à avoir opté pour l’Irlande : des Basques, des Flamands, des Croates, des Ukrainiens, un Russe cosaque s’y sont également réfugiés, alors que beaucoup de Bretons, au départ, n'avaient pas envisagé de se rendre chez ceux en qui ils voyaient des frères celtes – ce qui, au premier abord, peut sembler curieux. En effet, certains sont allés au Pays de Galles, en Espagne, ou en Amérique Latine après être passés par l'Italie, et d’autres sont restés en Allemagne ou en France, à Paris ou en Loire-Inférieure. Je tâcherai donc de mettre en évidence les réseaux qui ont conduit des nationalistes bretons en Irlande, avant de préciser pourquoi ce pays les a reçus, et d'exposer brièvement ce que furent les exopolities bretonnes.
Document type :
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https://hal.univ-brest.fr/hal-02507543
Contributor : Véronique Le Gall <>
Submitted on : Friday, March 13, 2020 - 12:02:51 PM
Last modification on : Sunday, March 15, 2020 - 1:15:39 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02507543, version 1

Citation

Sébastien Carney. Les épurés du mouvement breton en Irlande : l'interceltisme à l'épreuve de la réalité (1946-années 1950). Marc Bergère; Jonas Campion; Emmanuel Droit; Dominik Rigoll; Marie-Bénédicte Vincent. Pour une histoire connectée et transnationale des épurations en Europe après 1945, Peter Lang, pp.71-84, 2019, 9782807606876. ⟨hal-02507543⟩

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