Histoire de la presse satirique allemande

Jean-Claude Gardes 1 Ursula E. Koch
1 Equipe Interdisciplinaire de Recherche sur l'Image Satirique
HCTI - Héritages et Constructions dans le Texte et l'Image
Résumé : La presse satirique allemande a pris son envol dans l'effervescence révolutionnaire au milieu des années 40 du dix-neuvième siècle avec la création de Fliegende Blätter à Munich et Kladderadatsch à Berlin. Dans les deux décennies suivantes, cette presse satirique s'est progressivement diversifiée avec notamment l'apparition d'un nouveau périodique à Francfort, Die Frankfurter Latern (1860). Berlin s'affirme toutefois clairement comme la capitale de la satire durant l'ère bismarckienne avec des titres comme Berliner Wespen, Ulk et plus tardivement Lustige Blätter, plus incisifs à l'égard du pouvoir que Kladderadatsch, qui s'est rallié progressivement à Bismarck. L'ère wilhelmienne, de 1890 à 1914, est marquée par l'apparition à Munich de revues qui deviendront le fleuron de la presse satirique allemande, Jugend et Simplicissimus, dont les critiques envers le pouvoir wilhelmien sont dépassées par celles de l'organe social-démocrate Der Wahre Jacob, qui connaît un très grand succès à l'aube de la Grande Guerre. Durant cette guerre, satiristes et caricaturistes se rallient tout d'abord sans condition à la cause sacrée. Les journaux existant avant la guerre parviennent à se maintenir durant la République de Weimar, avec un succès moindre, mais il faut mentionner l'émergence d'une presse satirique d'extrême gauche extrêmement virulente et novatrice sur le plan formel, notamment à Berlin. De 1933 à 1944, toutes les revues sont mises au pas. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs journaux essaient de reprendre le flambeau, mais disparaissent rapidement. Seul Frischer Wind parvient à se maintenir, pour devenir en 1954 Eulenspiegel, un organe est-allemand dont la liberté d'expression est restreinte. En RFA, la presse satirique connaît quelques difficultés à se reconstituer malgré la création d'un nouveau Simplicissimus (1954-67) et l'apparition d'un périodique novateur qui va réinventer le genre, Pardon. Aujourd'hui, Titanic, qui a pris la suite de Pardon, et Eulenspiegel, mensuels tous les deux, maintiennent la tradition satirique en Allemagne.
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Contributeur : Emmanuelle Bourge <>
Soumis le : jeudi 26 février 2015 - 10:03:42
Dernière modification le : jeudi 21 décembre 2017 - 11:26:08

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Jean-Claude Gardes, Ursula E. Koch. Histoire de la presse satirique allemande. Ridiculosa, 2013, La presse satirique dans le monde, Hors-série, pp.13-43. 〈http://www.eiris.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=1143:la-presse-satirique-dans-le-monde&catid=27&Itemid=50〉. 〈hal-01120589〉

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