La parte d[i]ecinueve o la mejor parte de comedias de Lope de Vega (1624)

Résumé : Dans les derniers jours de 1603 ou les premiers de 1604 sont publiées à Saragosse les Comédies du fameux poète Lope de Vega Carpio (Comedias del famoso poeta Lope de Vega Carpio) qui constituent une absolue nouveauté éditoriale puisqu’il s’agit de la première parte de comedias, c’est-à-dire d’un recueil comportant douze pièces de théâtre qui deviendra la forme canonique en termes d’édition de textes dramatiques. Cette nouvelle formule éditoriale, caractéristique du monde du livre espagnol, est, dans ses origines, étroitement associée à l’œuvre dramatique de Lope de Vega : en effet, quelques mois plus tôt, le volume intitulé Six comedias de Lope de Vega (Seis comedias de Lope de Vega), qui ne contenait cependant qu’une seule pièce du poète madrilène, avait été publié à Lisbonne – mais avec une diffusion madrilène – par Francisco López, et imprimé par Pedro Crasbeek. Selon les indications fournies par la page de titre et les licences du volume de Saragosse, les pièces y ont été rassemblées par un certain Bernardo Grasa, dont on ne sait rien. Il s’agit de pièces composées bien des années auparavant (quelques-unes datent des débuts de la production du dramaturge), qui n’avaient pas été représentées depuis déjà un certain temps. Elles sont imprimées sans l’autorisation de Lope de Vega, qui peu après se plaindra de la mauvaise qualité de ces textes (« Vous trouverez dans mes comédies – pour le moins / dans certaines qui ont été publiées à Saragosse – / pour six vers qui sont de moi, cent qui ne le sont pas », Épître à Gaspar de Barrionuevo ; Epístola a Gaspar de Barrionuevo). Quoique extrêmement bref, le prologue ne manque pas d’intérêt : on y souligne le bon accueil qui, à cette époque, était fait au théâtre ; on évoque un lectorat potentiel (les personnes qui ne peuvent assister aux représentations, soit parce qu’elles sont occupées, soit parce qu’elles vivent dans des endroits reculés où ne se rendent pas les comédiens) ; on y présente le volume imprimé comme un substitut à la représentation et non pas comme son complément, ni comme le moyen d’accorder aux pièces une seconde vie, à la différence de ce qui allait devenir habituel un peu plus tard. Il n’est pas impossible que la présence dans ce volume de loas et d’intermèdes (entremeses) – ces derniers ne figurant que dans certaines éditions – soit due à cette idée, comme s’il s’agissait de fournir au lecteur les conditions nécessaires pour qu’il recrée l’expérience originale qui a lieu au théâtre. La promesse finale d’un second volume confirme le caractère expérimental et novateur de ce volume.
keyword : comedia Lope de Vega
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Contributeur : Emmanuelle Bourge <>
Soumis le : jeudi 5 février 2015 - 10:51:06
Dernière modification le : jeudi 21 décembre 2017 - 11:26:08

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  • HAL Id : hal-01113363, version 1

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Marie-Eugénie Kaufmant. La parte d[i]ecinueve o la mejor parte de comedias de Lope de Vega (1624). 2011, 〈http://www.idt.paris-sorbonne.fr/corpus/details.php?table_name=idt&function=details&where_field=id&where_value=356〉. 〈hal-01113363〉

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